Dimanche 12 février 2012
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10:04
J'ai la chance d'avoir un atelier au chaud, je ne suis donc pas atteinte par le froid qui peut envahir les potiers qui travaillent dans des granges vastes mais mal
chauffées et isolées, les mains dans la barbotine mordant une peau rougie. Le côté bohème du métier en perd d'un seul coup toute sa poésie...
Concernant mon organisation, les poteries sortant d'une première cuisson sont sous un appentis, ouvert aux courants d'air. Ca ne pose aucun problème pour ces
pièces, elles sont sorties d'une cuisson à 1020 °C, donc elles sont parfaitement sèches et ne craignent pas les températures négatives.
Sur mes deux fours électriques, programmables, donc avec boîtiers électroniques, seul le plus petit n'aime pas les très basses températures. L'autre, par contre,
démarre au quart de tour, même par - 10°C. Un pur bonheur, un souci en moins.
Et cette semaine, une grosse interrogation est venue. Je commençais à enfourner des pièces que je venais d'émailler. Qui dit émail, dit poudre d'émail + eau. L'eau
est absorbée par la poterie, la poudre d'émail reste en surface. La poterie ne craint pas le gel tant quelle est sèche. Sauf que là, vu que je viens de l'émailler, elle est humide, et sur une
certaine profondeur. Qui dit humidité + gel sur une poterie qui n'est pas étanche, dit éclatement de la poterie. Dilemme. Ma cuisson est prévue dans 5 heures. Les températures sont
négatives... risqué-pas risqué ? Je venais d'enfourner un premier étage, j'ai donc tout ramené à l'atelier !
Ca s'est très bien terminé vu que je n'ai pas pris de risque. J'ai enfourné juste avant de démarrer le four. C'était des pièces relativement grosses donc j'ai mis
peu de temps pour remplir le four. Heureusement car pas de gant possible, des gestes de précision donc je ne devais pas compter sur eux pour me réchauffer.
Et sortie de cette cuisson, une commande, des pots superposées qui reflètent le soleil :
